Miramax ferme ses portes

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Quel est le point commun entre Chicago, Pulp Fiction, The Queen, Le Patient Anglais et No Country For Old Men ? Ces œuvres, ainsi que de nombreux autres grands films, sont tous sortis du mythique studio indépendant créé à la fin des années 1970 par les frères Weinstein : Miramax. Aujourd’hui, le studio est à la dérive, et après l’avoir fermé, son possesseur, Disney, cherche un acquéreur (taxis-motos.be/)

Il y a quelques mois déjà, Disney avait annoncé une forte réduction des effectifs du studio : les deux tiers des employés seraient remerciés et le nombre de films produits réduit à trois, ce qui représentait déjà un coup dur pour le studio indépendant.

Ce week end, une étape suivante a été franchie avec l’annonce de la fermeture du studio, les employés restant étant rattachés à la maison mère, Disney. Six films sont encore en cours de production pour le compte de Miramax pour les deux prochaines années, mais l’avenir à plus long terme est beaucoup plus flou.

Dimanche, on apprenait par le New York Times que Disney cherchait des acheteurs pour le studio indépendant et son catalogue de 700 films. Une dizaine de compagnies se sont déjà manifestées pour un prix de revente d’environ 700 millions de dollars – pour un prix d’achat de $ 80 M en 1993. Parmi les acheteurs potentiels se trouve Summit Entertainement, qui a du cash en trop après l’indécent succès de Twilight, et qui recherche des revenus plus réguliers que le catalogue de Miramax pourrait fournir.

Selon un ami cultivé, le nom de Miramax viendrait de la combinaison des noms des parents des deux frères Weinstein : Mira et Max. Ils ont créé ce studio en 1979 pour exploiter un filon : les films que les majors ne jugent pas rentables. Et la recette a très bien fonctionné, et ce grâce à l’autre facette des frères Weinstein – et particulièrement Harvey : le lobbying des Oscars. Si la compétition est devenue un tel champ de bataille marketing, c’est parce qu’ils ont compris il y a des années que les Oscars sont un exceptionnel outil promotionnel pour peu de frais – à l’époque en tout cas.

Aujourd’hui, avec l’explosion des coûts marketing et la fonte des ventes DVD, le business model de Miramax est sérieusement compromis, et le studio n’est plus profitable en l’état. En ajoutant à cela le fait que Disney a les mains bien chargées ces derniers temps, entre Pixar, Marvel ou encore l’accord de distribution avec Dreamworks, la firme aux grandes oreilles ne peut plus soutenir Miramax.

Si la revente est inévitable, espérons au moins qu’elle se fera au profit d’un autre studio et non d’un fonds d’investissement qui ne voit en la société mythique qu’un actif à dépecer.

Disney a les mains pleines.

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